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Éloquentia Montpellier, la finale

Éloquentia Montpellier, la finale

Ce jour-là, je suis montée sur la scène de la finale d'Éloquentia Montpellier, le concours d'éloquence numéro un en France. Le sujet et la position à défendre n'avaient pas été choisis par moi, ils m'avaient été imposés : obéir, est-ce renoncer à être libre ? Je devais défendre le non.

J'ai commencé par les mots eux-mêmes. Obéir vient du latin oboedire, qui veut dire tendre l'oreille vers quelque chose. Ce n'est pas s'effacer, ni disparaître. C'est choisir d'écouter. Libre vient du latin liber, celui qui s'appartient, par opposition à celui qui appartient à un autre.

Deux mots qui semblent s'opposer. Et pourtant.

Moi, comme beaucoup de personnes dans cette salle, j'ai entendu une voix intérieure. Une voix qui murmurait, qui insistait, qui refusait de se taire. J'ai choisi de lui obéir. C'est elle qui m'a conduite jusqu'à cette scène, devant ce jury, dans cette finale.

Et obéir à cette voix ne m'a pas privée de liberté. Au contraire. Elle a rendu ma voix libre. Libre de s'exprimer, libre de mettre en lumière des histoires parfois oubliées, libre d'être, une fois de plus, celle qui se lève pour oser parler.

Ce soir-là, le public m'a offert le Prix du Public. Le jury m'a placée deuxième. Et qu'importe le classement, une chose est restée avec moi depuis : il est préférable d'être prisonnière d'une voix qui pousse à oser que de vivre dans la fausse liberté d'une conscience prisonnière du manque de passage à l'action.

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